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Interview - Hubert Mansotte de Maneville, AMP et Paysagiste

4/14/2021
Askoria
Interview - Hubert Mansotte de Maneville, AMP et Paysagiste

Diplômé d’État d’aide médico-psychologique en 2017, Hubert est aujourd’hui gérant du Carré du Loch et à la tête de l’outil “Partie de pêche dans les temps”. Il nous fait part de son parcours et de sa passion dans l’accompagnement à la prise de parole et de résurgence à la mémoire. 


Pouvez-vous décrire votre situation professionnelle actuelle ?

Je suis AMP (Aide Médico Psychologique) et paysagiste concepteur au sein du Carré du Loch. C’est une petite société dont je suis le gérant depuis maintenant deux ans. En tant que gérant, mes missions principales sont la conception, la fabrication et la diffusion de l’outil « Partie de pêche dans les temps ». Il s’agit d’un outil d’aide à la prise de parole et de résurgence à la mémoire. 

Dans mon métier je m’adresse auprès de l’ensemble des institutions des secteurs éducatifs et médico-social, aux enfants comme aux personnes en fin de vie. Je travaille avec tout public puisque c’est un espace très simple à s’approprier pour échanger où qu’on en soit dans la vie. 

J’ai aussi élaboré une formation qui s’appelle « Un cadre sécurisé pour accueillir la parole ». Je l’ai faite autour de l’outil que j’ai créé, au sein de l’atelier des pratiques, entreprise qui a été montée par l’ancien responsable du service formation continue du GRIMES, qui est d’ailleurs une des maisons d’ASKORIA.

J’ai également une dernière occupation, à hauteur d’une après-midi par semaine, où je suis musico thérapeute auprès des personnes malvoyantes. 

Quel était votre projet professionnel initial en entrant en formation à ASKORIA ? 

J’ai travaillé pendant 15 ans sur des projets collectifs en faisant de la conception de lieu de vie (quartiers, espaces publics, espaces d’activités) et des lieux de morts (des cimetières). J’ai souhaité me rapprocher du projet non plus de la collectivité mais de l'individu dans son quotidien, dans son rapport à la vie, à la mort et à l'instant présent. Je voulais le percevoir dans le concret de tous les jours, que ce soit dans le partage des repas, la toilette, l’animation, l’accompagnement en fin de vie… C’était l’idée de passer du projet collectif au projet de chacun.

Que retenez-vous de votre parcours de formation ou de votre accompagnement VAE à ASKORIA ? 

  • En un mot-clé ? JE. C’est l’idée que chacun puisse vraiment être sujet, avec ses choix, ses désirs, ses limites, son histoire, et bien définir cet espace nous aide à être ensemble avec respect et à définir au mieux un projet individuel et collectif. 

  • Un fait marquant ? C’est lors d’un accompagnement en fin de vie d’une dame âgée. Je lui ai posé cette question : avez-vous besoin de quelques choses ? elle m’a répondu « Non juste de vous, et du silence ». En se tenant la main, elle m’a ainsi indiqué une voix : celle de suivre cette idée de se familiariser avec le silence, avec l’incertitude et d'apprendre à laisser un espace sans y imposer mes réponses. 

  • Un bon (ou un moins bon) souvenir ? J’ai vraiment aimé le temps partagé en EHPAD avec les personnes atteintes de troubles de la mémoire. Je voyais que pour la majorité ils avaient les défenses physiques qui s’affaiblissaient. Ces personnes se détachaient du présent pour aller sur des moments mal franchis de leur vie, des traumatismes ou un deuil non finalisé. C’est là qu’il y a eu un impact sur mon projet de vie professionnel avec la naissance du projet « Partie de pêche dans les temps », avec cette idée très forte qui est d’avoir un espace qui aide à la résurgence de la parole et mettre des mots sur ce que nos corps peuvent cacher.

Dans cet EHPAD j’ai donc réalisé le premier prototype de « Partie de pêche dans les temps ».
J’ai réalisé par la suite huit prototypes différents, que j’ai fait tourner dans huit institutions du Morbihan. EHPAD, France Alzheimer, foyer de vie… Les retours que j’ai eu m’ont incité à aller plus loin : modifier mon projet, investir, et enfin à monter ma petite entreprise. C’est donc de fil en aiguille et de jour en jour que le projet s’est construit.

Si vous deviez décrire ASKORIA en 3 mots ou idées ? 

Il s’agit d’une équipe expérimentée, sympathique et dynamique. Je me suis senti en confiance avec les personnes qui m’ont entouré dans la formation. Ensuite je dirais, une formation de terrain avec un emploi à la clé. Et enfin, une porte d’entrée sûre et certaine pour évoluer dans le domaine éducatif et médico-social.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant/stagiaire/candidat VAE, ou à un futur étudiant/stagiaire/candidat VAE s’orientant ou évoluant dans les métiers de l’intervention sociale et des solidarités ?

Ne pas hésiter à appeler et échanger avec le directeur d’établissement ou les cadres de santé pour approcher les différents métiers envisageables. Puis se rapprocher des métiers et des idées qu’on peut s’en faire. 

Bien percevoir en soi ce qui peut nourrir au mieux le projet collectif. 

Et surtout, avoir confiance en soi. Si on prend cette voix c’est qu’on peut tous apporter notre pierre à l’édifice. Il faut se laisser aller dans ce chemin. C’est un domaine dans lequel, je pense, il ne faut pas vouloir maîtriser les choses. 

Quels sont aujourd’hui vos projets professionnels, vos aspirations ? Qu’est-ce qui vous anime, vous motive ?

Je suis à fond dans cette idée de consolider le projet du Carré du Loch. Pas seul, mais aux côtés des professionnels du secteur éducatif et médico-social. 

Notamment en construisant des parties de Pêche dans les temps qui soient adapter aux différents publics. Cet outil pédagogique est un tout petit espace, qui permet de nous retrouver concrètement. Alors selon le public qu’on accompagne on peut créer des activités qui permettent d’aborder au mieux chaque groupe. Mon idée c’est avec cet outil là d’accompagner les professionnels dans leur quotidien. 

Pour vous, que représente le réseau des alumni (anciens diplômés) d’ASKORIA et de ses différents établissements fondateurs ? 

Je le vois comme un réseau qui nous permet de nous sentir unis, soutenus dans une démarche de projet qui soit partagé. Me sentir pièce d’un projet collectif avec une longueur d’ondes communes. 

Enfin, de façon générale, pour vous, les « solidarités », c’est quoi ?

Permettre à chacun de nous d’être, de nous savoir exister en confiance au côté de l’autre.

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